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Microsoft France confirme ce que nous redoutions : le Cloud Act compromet la souveraineté de nos données, même en France

Microsoft France confirme ce que nous redoutions : le Cloud Act compromet la souveraineté de nos données, même en France

Il y a quelques mois, j’évoquais le défi juridique fondamental posé par le Cloud Act pour notre souveraineté numérique (https://exadvize.com/fr/la-politique-dutilisation-de-lia-en-entreprise-serait-elle-un-ecran-de-fumee-face-aux-enjeux-reels-de-la-souverainete-numerique/).

L’audition du 10 juin 2025 devant la commission d’enquête du Sénat vient clore le débat :

Si nous sommes contraints, nous remettons les données.”

C’est par ces mots qu’Anton Carniaux, directeur juridique de Microsoft France, a reconnu publiquement l’impuissance de sa filiale face à une injonction judiciaire américaine.

🔍 Petit rappel :

Le Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act), promulgué en 2018, impose aux entreprises américaines de fournir aux autorités les données demandées, même lorsqu’elles sont stockées hors des États-Unis.

À l’inverse, l’article 48 du RGPD interdit le transfert de données à une autorité étrangère hors cadre juridique bilatéral.

➡️ C’est une incompatibilité structurelle qui place les entreprises et administrations françaises entre deux feux réglementaires.

🔹 Le cas du Health Data Hub (HDH) en est l’exemple parfait :

Dès 2020, plusieurs voix s’étaient élevées pour contester son hébergement chez Microsoft Azure, justement en raison du risque Cloud Act. La CNIL avait exprimé ses réserves, et le Conseil d’État a été saisi.

La loi SREN de 2024 a d’ailleurs entériné ce constat : les données sensibles doivent être hébergées sur des infrastructures qualifiées SecNumCloud, excluant de fait les solutions soumises à la loi américaine.

🔹 Ce qui change aujourd’hui, c’est la reconnaissance publique du problème par Microsoft France elle-même.

Ce n’est plus une analyse doctrinale. Ce n’est plus une simple appréhension technique.

C’est une réalité juridique assumée : 📆 Une entreprise de droit américain ne peut garantir la souveraineté de données stockées en France.

🌐 Alors, à l’heure où les juridictions européennes imposent un haut niveau d’exigence sur la conformité des transferts de données (cf. l’arrêt “Schrems II” de la CJUE en 2020) et que la transformation numérique passe par des volumes massifs de données sensibles, la question devient centrale.